Juge Nébié: discutons le rapport d’autopsie

17 juin 2014

Juge Nébié: discutons le rapport d’autopsie

https://saint-martin-citoyen.over-blog.com
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Le rapport du médecin légiste, le meilleur que le pays a pu trouver  – Docteur en médecine, praticien hospitalier, chef de service. Médecin légiste, expert prés la Cours d’appel de Douai, Président de la commission médicale d’établissement du Centre hospitalier de Boulogne S/Mer, le Dr Stéphan Chochois – est tombé. Au Burkina, on ne peut pas encore le voir, ce rapport, il est provisoire. Mais les grandes presses internationales nous on déjà livré le scoop, son contenu de merde. Le juge Nébié est mort suite à un accident de la circulation, percuté par un « engin d’une forte inertie ». Qu’il est miraculé ce juge! Mais dans tous ça, le Légiste nous prend pour des cons ou quoi? Dans le fond, en dépit du tollé que le rapport, non! les bribes d’information dans ce rapport, soulèvent, on devait connaitre déjà les résultats de cette autopsie avant l’arrivée du médecin, parce que dans mon pays, ce n’est pas nouveau. Il y a des experts dans la manipulation des preuves et des rapports. Le cas de Norbert Zongo trouvé calciné dans son véhicule, après avoir été criblé de balles lui et  4 des ses compagnons un 13 décembre en 1998,  celui de Thomas Sankara mort à l’issue d’une fusillade au conseil de l’Entente le 15 octobre 1987 et les développements que les politiques ont voulu nous faire avaler, « fusillade entre braconnier et chasseur » pour le premier et « mort naturelle » pour le second, suffisaient déjà, largement,  à nous montrer ce que pouvait être le contenu du rapport du Chaud-choix, le Dr envoyé d’urgence de France pour sauver les  services de médecine médicolégale Burkinabè et sortir le peuple de sa torpeurs. Quelques chose de rassurant quand même dans ce rapport : on peu prendre sur sa gueule un engin d’une forte inertie, genre camion et que son corps est retrouvable par les siens, intacte pour une sépulture digne d’un juge constitutionnel. Ça en tous cas, c’est rassurant. Ce qui n’est pas rassurant c’est que les causes de nombreux de nos morts-suspectes sont presque identiques et fabriquées. Pour le moins, ce sont tous des mort accidentelles a quelques différences. -Le 15 octobre 1987, pour ne commencer que par là, Sankara Thomas Noël Isidore mourait de mort naturelle après une fusillade au  Conseil de l’Entente. -Le 19 mai 1990, de ce même conseil de l’Entente, Dabo Boukary, étudiant militant de l’Association nationale de étudiants burkinabè (ANEB), section ouagalaise de l’Union générale de étudiants burkinabè (UGEB) s’est évadé, sous la surveillance des gorilles du pouvoir. Aujourd’hui, pas de corps, pas de deuil familial, donc pas de sépulture et point de tombe. -Le 13 décembre 1998, Norbert Zongo, après avoir quitté son ranch laisse ses traces dans un véhicule qui est reconnu être le siens (5 grammes de cendre de  chair calcinée) après avoir été fusillé et arrosé d’un liquide inflammable et brûlé. La thèse des tenants du pouvoir à l’Epoque, c’est « une fusillade entre braconnier et chasseur qui a mal tournée », en filigrane. -Le 21 février 2011, Justin L. Zongo succombe de ses tortures subi au commissariat de police à Koudougou, centre ouest du Burkina Faso. Les premières constatations évoque la thèse de la méningite, un mal qui fait mal chaque année au Burkina, tellement les politique publiques ne prennent pas en compte les préoccupations de santé des populations. -Le 5 avril 2014 le policier Gaël Bationo assistant de police est retrouvé mort sur Charles de Gaule. On aurait dit que c’est un fou qui l’aurait abattu à bout portant par son arme. Version du seul témoin qui se trouve être présumé meurtrier. -Puis, le 24 mai, le juge Nébié, est retrouvé mort vers 20h 19, selon le Dr Chochois, par accident, involontaire. Comme nous le voyons, au Burkina Faso, les preuves médicolégales sur les questions sensibles se fabriquent, se contredisent, pour finir par ne pas constituer l’infraction. Et, ce cas de figure, celui du juge, nous sommes entrain d’aller vers cette fin.

Discutons les propos de Chochois

Ce sont des propos et non une conclusion du rapport. Pourquoi? Toi qui me lis, laisse moi te dire qu’un camion ou gros véhicule, quoi qu’il soit, ne crève pas les yeux. Il peut passer sur la tête, et là le résultat est plus que catastrophique. Il ne crève pas seulement les yeux. Or dans le cas du juge, c’est ce qui semble avoir été fait. Donc ce camion ; il a des bras, il est super intelligent. Mais quand le légiste conclue à un accident involontaire, est-il dans son rôle? Même pas! Il n’avait seulement qu’a déposer les résultats aux quelle il est parvenu et le parquet avait la tâche de faire le reste. C’est tout. Maintenant, supposons qu’il devrait se prononcer sur les circonstances de cet accident. A-t-il retrouvé le camion? Son propriétaire? Ou son conducteur? Comment peut-il conclure ce qu’il a conclut (accident involontaire). Je suis dans un pays vrai. Avec un chef d’Etat vrai, chef d’un exécutif vrai. Ce sont des vrai pro du mensonge.

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